16 mai 2012

Un gros tas d'atomes

china_00.jpgLe capitalisme a fait la guerre à la famille pour la même raison qu'il combat les syndicats. Le capitalisme veut le collectivisme pour lui, l'individualisme pour ses ennemis. Il veut que ses victimes soient des individus ou, en d'autres termes, des atomes. [...] S'il existe un lien, un sentiment de fraternité, une discipline familiale, grâce à quoi les pauvres puissent s'entraider, ces émancipateurs luttent pour relâcher ce lien, ou détruire cette discipline. Lorsqu'ils se trouvent devant une corporation, ces individualistes s'efforcent de mettre les individus en liberté, ou plutôt cherchent à l'écraser afin qu'il n'en reste que des atomes.

G.K. Chesterton, The Superstition of Divorce, 1920 (Anarchrisme)

12 mai 2012

De l'homme, de l'ange et de la bête, 7

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« L’homme est composé de pièces toutes différentes. [...] Il est céleste d’une part et terrestre de l’autre. Il est spirituel d’une part et corporel de l’autre. C’est un ange, c’est un animal ; c’est un néant, c’est un miracle ; c’est un centre, c’est un monde, c’est un Dieu, c’est un néant environné de Dieu, indigent de Dieu, capable de Dieu et rempli de Dieu s’il le veut. »

Ecrits spirituels du Cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629) [Arcabas, Le Songe de Joseph]

Une cascade de finitudes

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Dominique Bourg (université de Lausanne), n° 1 de la revue Vraiment durable, 2012 :

« La modernité a été marquée au sceau d'une passion, la transgression tous azimuts. L'idée de transgression semble consubstantielle à celle d'une accumulation sans limites de richesses matérielles, de maximisation des intérêts individuels. La modernité a en effet voué une allergie constante à l'idée de limites, et ce dans bien des domaines, qu'il s'agisse des technologies, de l'esthétique, du sport, voire de l'éthique, avec, bien sûr, au premier chef, le postulat d'une croissance économique infinie. Or, aujourd'hui, nous sommes confrontés à une cascade de finitudes et, en premier lieu, celles afférentes à la biosphère, les ressources d'un côté, les régulations générales de l'autre. […] Nous sommes aujourd'hui aux antipodes du rêve moderne d'un individu sans limites à la liberté sourcilleuse, allergique à toute espèce de contrainte collective, telle qu'on la trouve sous sa forme la plus achevée dans le courant libertarien prôné par Robert Nozick, ou encore dans une idéologie comme le transhumanisme avec son rêve d'immortalité... » (Plunkett).

11 mai 2012

L'éléphant et le renard

« Rien d’important ne s’est passé le 10 mai 1981, rien de fondamental dans les tendances de notre société ne sera modifié » J. Ellul, Le Monde, 27 mai 1981.

Hélas ! Ellul a eu raison en 1981, sans doute aura-t-il encore raison en 2012. Entre Hollande et Sarkozy, il est probable qu’il y ait des différences, non pas de nature, mais de degré. En ce qui concerne le respect de la vie et de la famille, l’un court après l’autre, selon les opportunités électorales.

El.pngDeux bêtes règnaient sur la campagne et, pour conserver le pouvoir, se partageaient les rôles : l'éléphant cassait, le renard passait. Le premier était trop gauche pour aller au bout de sa course, le second trop frêle pour franchir les ronciers. C'est pourquoi ils décidèrent de se lier par un cordon solide pour rester toujours solidaires dans l'épreuve et avancer ensemble. Ainsi fonce le premier et détruit tous les barrages, ainsi suit le second de gré ou de force. Parfois, certes, le renard adroit renâcle, résiste, promet de ne pas céder. Il cède pourtant. Il court après le puissant du moment. Il se soumet à la marche irrésistible du progrès. Souvent, ils font mine de s'affronter. Ils ne font que s'entraîner. Le renard s'engouffre dans les brèches lourdement ouvertes par l'éléphant, son bon ami, son allié objectif.

La culture de mort s'impose ainsi dans notre pays, par les coups de butoir successifs des gouvernements majoritaires. La droite suit la gauche dans les affaires sociétales (eugénisme, mariage de personnes de même sexe, euthanasie, etc.). La gauche suit la droite dans les affaires économiques (privatisations, libre-échangisme, globalisation, etc.). Le lien qui les unit est idéologique : refus de la limite, refus de la finitude humaine. Oubli de la Création, oubli de Dieu. L'homme, « néant capable de Dieu », se fait dieu producteur de néant. Une même vision de l'homme, en somme, libérale-libertaire, où l’homme s’auto-construit, choisit son genre, choisit sa mort, trie les êtres humains selon leurs performances, jette les insolvables et broie les impuissants.

10 mai 2012

Le scrupule seul peut lui nuire

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Par Beaumarchais encore, la politique hélas :

- FIGARO : De l’esprit pour s’avancer ? Monseigneur se rit du mien. Médiocre et rampant, et l’on arrive à tout.

LE COMTE : … Il ne faudrait qu’étudier sous moi la politique.

FIGARO : Je la sais.

LE COMTE : Comme l’anglais, le fond de la langue !

FIGARO : Oui, s’il y avait ici de quoi se vanter. Mais feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce qu'on ignore ; d'entendre ce qu'on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu'on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point ; s'enfermer pour tailler les plumes, et paraître profond, quand on n'est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets ; intercepter des lettres ; et tâcher d'ennoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets : voilà toute la politique, ou je meure !

LE COMTE : Eh ! c'est l'intrigue que tu définis !

FIGARO : La politique, l'intrigue, volontiers ; mais comme je les crois un peu germaines, en fasse qui voudra. J'aime mieux ma mie, ô gué ! comme dit la chanson du bon Roi.

Le Mariage de Figaro ou La Folle journée (1784), III, 5

- SUZANNE : Quant à la politique ?...

BEGEARSS, avec chaleur : Ah ! c'est l'art de créer des faits, de dominer, en se jouant, les événements et les hommes ; l'intérêt est son but, l'intrigue son moyen : toujours sobre de vérités, ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit. Aussi profonde que l'Etna, elle brûle et gronde longtemps avant d'éclater au-dehors ; mais alors rien ne lui résiste. Elle exige de hauts talents : le scrupule seul peut lui nuire ; (en riant) c'est le secret des négociateurs.

SUZANNE : Si la morale ne vous échauffe pas, l'autre, en revanche, excite en vous un assez vif enthousiasme !

L’Autre Tartuffe ou La Mère coupable (1797), IV, 4

07 mai 2012

La sottise ou la folie

Beau.pngFIGARO : Ma foi, Monsieur, les hommes n’ayant guère à choisir qu’entre la sottise et la folie, où je ne vois pas de profit, je veux au moins du plaisir ; et vive la joie ! Qui sait si le monde durera encore trois semaines ?

BARTHOLO : Vous feriez bien mieux, monsieur le raisonneur, de me payer mes cent écus et les intérêts sans lanterner, je vous en avertis.

FIGARO : Doutez-vous de ma probité, Monsieur ? Vos cent écus ! j’aimerais mieux vous les devoir toute ma vie que de les nier un seul instant.

Beaumarchais, Le Barbier de Séville ou La Précaution inutile (1775), III, 5

Communiqué d'Alternatives Catholiques

A Monsieur le Président de la République française

François Hollande

Monsieur le Président,

Vous venez d’être élu par une courte majorité de Français. Nombre de vos électeurs ne sont pas socialistes. Beaucoup, exprimant leur colère face à un état de crise généralisée, ne demandent pas un régime socialiste, ni même un gouvernement de gauche, mais simplement un « changement ». Un changement démocratique, géopolitique, économique, social, au-delà de toute idéologie. Il est de votre devoir de ne pas confondre le changement que vous voulez pour tous les Français, et le socialisme que seuls quelques uns désirent encore.

Aussi nous vous demandons solennellement de prendre la mesure de votre nouveau statut de Président de la République. Il ne serait pas légitime d’imposer aux Français des mesures qu’une large majorité d’entre eux ne saurait en conscience accepter. Il ne serait pas légitime, par exemple, d’aggraver les lois sur l’euthanasie ni d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe sans le consentement du peuple français, et ce directement. Cette liberté du peuple français ne peut s’exprimer pour des mesures d’une telle importance que par la voie référendaire, car vous n’avez pas été élu pour transformer les repères anthropologiques de la culture française, fruit des racines judéo-chrétiennes de notre civilisation. Seul un grand débat national permettra d’éclairer les consciences citoyennes sur des sujets qui engagent jusqu’à la conception même que l’on se fait de la vie humaine et de la famille, piliers de nos sociétés.

Enfin, en ces temps de crises graves que traverse le monde, nous vous demandons de ne pas confondre les difficiles et nécessaires réformes structurelles dont notre pays a besoin avec des réformes sociétales qui n’offriraient aucun progrès réel aux plus pauvres d’entre nous. En effet, nos compatriotes de plus en plus précarisés attendent moins des droits formels que des améliorations effectives de leur quotidien. Les revendications idéologiques de quelques minorités influentes (euthanasie, manipulations génétiques, adoption par des couples de même sexe, etc.) ne doivent pas remplacer l’aspiration du peuple français à plus de justice sociale. Nous souhaitons donc vivement que la crise ne vous fasse pas oublier vos priorités, en les confondant avec des réformes culturelles qui nuiraient gravement à certains équilibres naturels sur lesquels repose la France.

06 mai 2012

Visages de Sicile, 7

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Alla Vallea dei Tempi, Agrigento, aprile 2012

Chagrin Ier, roi d'impuissance

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« Arrivant à Marly, j’y trouvai tout en trouble : le roi chagrin à ne le pouvoir cacher, lui toujours si maître de soi et de son visage, la cour dans l’opinion de quelque nouveau malheur qu’on ne se pouvait résoudre à déclarer » (Intrigue du mariage du duc de Berry, Mémoires du duc de Saint-Simon, 1710).

Ma solitude, dit le Roi, c’est de ne pas changer le monde, de n’y réussir pas, de le vouloir à peine, de le faire croire pourtant

Oui, faire naître à l’aube l’espoir qui bientôt, au proche crépuscule, déjà, se trouvera déçu, voilà ma solitude

Ma solitude donc, dit le Roi, c'est de tromper la foule, mon peuple, mes peuples partout, de haute, basse et profonde France

Ma solitude, dit le Roi, c’est les campagnes désolées que j’imagine, que je traverse, impuissant, là, depuis mes trop hautes fenêtres

Ma solitude, dit le Roi, c’est mon âme perdue dans les cabales soudaines, c’est cette main, ma solitude, thaumaturge incrédule, devenue grasse et moite, qui ne saisit plus rien qu’une fesse poudrée, qui ne guérit plus rien que sa propre illusion

Ma solitude, dit le Roi, c’est tous ces gens qu’on dit sujets, mon peuple, mon royaume lointain qui crève et croule et crie, pendant que vomissant je jouis petitement

Ma solitude, dit le Roi, et mon chagrin, et ma panique, c’est l’attente d’une mort qui n’angoisse personne, sinon les trois flatteurs obstinés qui me restent, ma solitude, c’est le désir d’une mort, la mienne, royale et misérable, bientôt, que nul homme honnête ne saurait pleurer, car oui, ma solitude, dit le Roi, c’est cette cour lourde et stupide que je traîne et qui me traînera toujours, jusqu’à mes draps, jusqu’à mes chiottes, jusqu’à ma tombe, et qui ne m’aime pas

Et ma grande et ma profonde et mon irrémissible solitude, c’est qu’il aura raison de ne la pleurer pas, cette mort paresseuse, l’homme honnête, et la mère de famille, et le pèlerin lointain, et le saltimbanque, et la poissonnière, et la fille de joie qui tousse et pleure

Ma solitude, dit le Roi, ô paradoxale, c’est mon héritage et mon hérédité, ce que je balance à la mer comme des bouteilles fêlées, mes descendants, acrobates, poètes, charbonniers, ce sont eux mes enfants, disgracieux et vaincus, eux seuls méritent nos révérences, ils voyagent à croupetons sur leur aïeul, sans le savoir même, tant pis pour l’élégance, tant pis pour l’étiquette

Ma solitude, dit le Roi, c’est que je suis un rien qui se mêle de tout, le masque de souverain que je porte ne trompe plus personne, ma solitude, c’est ce monument vain, cette ruine perplexe, vaste inachèvement, que je bâtis pour m’installer, à peine, le temps de disparaître

Ma solitude, dit le Roi, c’est que Dieu pour les hommes, je ne connais plus Dieu, et qu’homme aux yeux de Dieu, je méconnais les hommes

Ô trône, ô sceptre, ô vanité ! jamais je ne fus maître de moi-même et l’on voudrait que je le fusse d’un royaume !

San Gimignano

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A l'aube, au coeur de la Toscane, San Gimignano, avril 2012

San Severino

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Il borgo medievale di San Severino di Centolla, visto dal castelluccio, Campania

Cilento

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Agropoli, Parco nazionale del Cilento, Campania

05 mai 2012

Poseidonia

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Le temple de Poséidon, à Paestum, en Campanie

Visage napolitain

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Napoli, Piazza Gesù Nuovo, aprile 2012

Visages de Sicile, 6

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Scilla (Calabria)

Santissimi Pietro e Paolo d'Agrò

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Abbatiale basilienne, byzantine, arabe, normande - brique, pierre de lave, calcaire et grès - maître d'œuvre Gherardo il Franco, 1117, San Pietro di Casalvecchio Siculo, Sicilia

Savoca

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Savoca, fra Messina e Taormina

Palermo

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La Cala

Visages de Sicile, 5

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Università degli studi di Palermo, Facoltà di architettura

Visages de Sicile, 4

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Paternò

Visages de Sicile, 3

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Un célèbre avocat d'Agrigento...

Visages de Sicile, 2

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Davide Enia, al Teatro Garibaldi Aperto, Palermo, aprile 2012

Visages de Sicile, 1

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Lors d'une rencontre politique, Agrigento, aprile 2012

Autoportrait au temple grec

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Dalla Villa Sclafani (Athenea), il Tempio della Concordia (Agrigento, Sicilia)

04 mai 2012

Battipaglia

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Quelque part au sud de Naples, en Campanie...

03 mai 2012

Robert Capa, Sicilia, 1943

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Sperlinga (vicino Troina), agosto 1943 : Francesco Coltiletti, di Sperlinga, indica la strada ad un militare americano (Foto © Robert Capa/Magnum/Contrasto)

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Troina, agosto 1943, I primi soldati americani entrano in città (Foto © Robert Capa/Magnum/Contrasto)

26 avril 2012

Fin d'une utopie

A.JPGL'idéologie du Progrès s'est appuyé sur la négation du caractère limité, parce que créé, de la nature humaine au sein de la Création. On a cru à une croissance infini dans un monde fini, à la capacité productive sans limites d'un être limité. De plus en cruellement, le réel se rappelle à notre bon souvenir. La croissance économique comme vecteur principal de progrès social se révèle être une impasse. la civilisation de la masse s'effondre peu à peu, après avoir écrasé les corps, abruti les intelligences, asphyxié les âmes. Jean-Claude Guillebaud note :

« C'est à son propos que nos candidats sont le plus embarrassés. Aucun n'ose dire à voix haute ce qu'on murmure un peu partout : la croissance ne reviendra plus en Europe. Avec ou sans l'austérité, nous sommes condamnés à une croissance minimale, voire nulle. La vraie question devient celle-ci : cette croissance envolée, au fond, était-elle si souhaitable ? D'un point de vue arithmétique, sans doute. Mais pour le reste ? Écologiquement, humainement, qui oserait prétendre que la fuite en avant consumériste, productiviste et gaspilleuse correspond encore à un dessein historique raisonnable ? Est-ce le monde que nous voulons construire ? Les vrais réalistes ne seraient-ils pas ceux qui proposent de changer la règle d'un jeu devenu perdant : vivre autrement, imaginer une autre société, promouvoir d'autres rapports humains. Juste derrière l'horizon électoral, ces questions fondamentales nous attendent de pied ferme. Tant mieux ! » (Sud-Ouest, 22-4-2012).

La politique, n'est-elle pas aussi un art de l'anticipation ?
Un pragmatisme clairvoyant devrait conduire les deux finalistes à proposer aux Français de préparer l'inéluctable fin de la croissance forte en Europe, comme celle de l'euro, de l'espace Schengen, des transferts bureaucratiques de souverainetés, bref de toutes ces utopies désincarnées où la vie, marchandée, devient variable d'ajustement. Hélas manquent et le courage et la lucidité et le souci du bien commun pour dire la vérité et agir en conséquence...

21 avril 2012

La folie de la foule ou le génie de la France

 

Depuis la Sicile , je perds du temps à regarder un peu les agitations électoralistes qui sévissent dans notre beau, fol et vieux pays de France.

Il parait que Jean-Marie Le Pen a comparé le grand ramdam de la Concorde aux primesautiers rassemblements de Nuremberg. C'est assez sensé, je trouve, bien que nul rassemblement politique n'échappe à cette angoissante loghorrée incantatoire.
La ressemblance gestuelle avec l'excellent tribun du parti national-socialiste des travailleurs allemands est flagrante dans cette séquence assez effrayante, qu'on peut trouver sur le site de Sarkozy (surtout à partir de 3'50).
La même obscenité de la masse hallucinée... La démocratie a vraiment quelque chose de diabolique dans sa manipulation des foules. Qu'est-ce qui nous pousse tous les 5 ans à croire au changement ?

Notre époque est fière de son athéisme païen : elle a remplacé le seul vrai Dieu, le Dieu inconnu annoncé par saint Paul aux sages de l'Aéropage, par une multitude d'idoles. Les hommes politiques en font partie que la foule vénère en temps de campagne avec une ferveur insensée pour mieux les maudire dans les chaumières une fois leur impuissance démontrée. Qui sème le vent de l'espérance récolte la tempête de la désillusion. L'enthousiasme en politique est un piège. Il faudrait arriver à une adhésion critique, distante et momentanée à un projet particulier qui porterait à la fois sur le charisme d'un potentiel chef d'Etat et sur l'efficacité des mesures proposées en faveur du bien commun. Ce n'est évidemment pas ce que notre démocratie sondagière et médiatique nous impose.

Alors, l'"apocalypse molle" avec Hollande, l'apocalypse agitée avec Sarkozy ?

N'avons-nous vraiment le choix qu'entre le déclin revendiqué et le déclin maquillé ? Entre la bonhommie libéral-progressiste et le bougisme libéral-sécuritaire ? Entre le matérialisme marchand de gauche et le matérialisme marchand de droite ? Entre l'égalitarisme et Mamon ? Entre le triomphe de l'homme autoconstruit et la "stabilité dans la décadence" ?

Le candidat socialiste, au nom d'une vision libertaire antisociale, promeut clairement l'aggravation de la culture de mort ; le candidat umpiste, sous couvert d'un certain conservatisme moral, continuera petit à petit, hypocritement - pour que les chrétiens qui le soutiennent encore ne s'offusquent pas trop - à attaquer la dignité de la vie, de la famille et de la société. Le système oligarchique a choisi ses deux candidats, voyons si les gens de France en ce début de troisième millènaire ont l'âme moutonnière ou le coeur altier.

Ô France, pense, ne deviens jamais une foule, France !

Montre au monde que tu es encore un peuple libre !

20 avril 2012

Juger pour voter en conscience

L'alliance VITA nous propose ce tableau récapitulatif des propositions des 10 candidats concernant le respect de la vie (4 critères) :

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18 avril 2012

Voter juste