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16 décembre 2012

Réponses simples à des propos simplistes

8 brèves réponses à des militants "LGBTi" interrogés par Rue 89 lors de la manifestation nationale contre le mariage républicain qui a réuni aujourd'hui 60 000 personnes à Paris (3000 hier à Lyon) :

- 1) A la "sœur de la perpétuelle indulgence" : le désir étant d'ordre privé (subjectif), et le droit d'ordre public (normatif), tout désir individuel n'a pas vocation à être institué en droit commun. Dans notre République, il n'y a heureusement pas de droit pour "tout chacun [sic] de faire ce qu'il veut", et pas non plus de "droit à se marier avec qui on veut" (ainsi le mariage est-il interdit en droit français entre ascendants et descendants, frères et sœurs, etc., de même on ne peut se marier avec un mineur ou avec une personne déjà mariée, etc. - en revanche, une personne homosexuelle a parfaitement le droit de se marier, comme le fut Richard Descoings jusqu'à sa mort). En droit, l'amour n'existe pas (le mot n'apparaît pas une seule fois dans le Code civil) ; le mariage civil n'est en rien la reconnaissance sociale d'un amour, c'est, selon Portalis, auteur du Code civil, "la société de l’homme et de la femme unis pour perpétuer l’espèce, porter ensemble le poids de la vie et partager leur destinée".

- 2) A Anaïs : les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes sont déjà protégés par la loi, par le Pacs et par la jurisprudence. Il est faux d'affirmer que si le père ou la mère meurt, son compagnon ou sa compagne n’aura aucun droit sur l'enfant : comme le rappelle opportunément un juriste, pour que le compagnon du père ou la compagne de la mère puisse exercer, après la mort du "parent biologique", l'autorité parentale, il suffit que celui-ci ait prévu de faire une tutelle testamentaire. - 3) A Yves : vous trouvez le mariage ringard parce que vous ne le considérez que comme un droit dont on priverait indûment les couples de même sexe, alors qu'il est d'abord une institution qui impose des devoirs : « Le mariage civil est un acte juridique qui crée des devoirs entre époux et leur ouvre réciproquement un certain nombre de droits » (site du Ministère de la Justice) ; « Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance », article 212 du Code civil).  - 4) A Geneviève Fraisse : la liberté, ou l’égalité, ce n'est pas rendre tout "possible" (ni juridiquement ni philosophiquement). Selon la définition de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, c'est au contraire "pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui" (article IV). - 5) A Géraldine : l’envie ne saurait déterminer le droit. De même que personne ne peut être contraint de se marier (« Il n'y a pas de mariage lorsqu'il n'y a point de consentement », article 146 du Code civil), personne ne saurait bénéficier d'un droit absolu au mariage. En droit français, ne se marie pas qui veut. Pour rappel, voici les conditions indispensables pour se marier : « Les futurs époux doivent être de sexe différent. Chacun des futurs époux doit avoir au moins 18 ans, n'avoir aucun lien de proche parenté ou d'alliance avec le futur conjoint, et ne pas être déjà marié en France ou à l'étranger » (Sercice-Public.fr). - 6) A Noël : le mariage n’est pas une chose qu’on « utilise », ni même un droit universel dont on userait à sa guise comme le droit de vote (même si celui-ci est aussi un devoir, il n’est régi, en France du moins, par aucune coercition légale), c’est plus fondamentalement, selon le Ministère de la Justice, « un engagement vis-à-vis de la société », « ayant pour finalité la création d'une famille », et sur lequel la société peut exercer une contrainte si l’un des époux manquent à ses devoirs conjugaux. - 7) A Jérémie : depuis la dépénalisation de l’homosexualité en 1983 (et dans les faits, depuis bien plus longtemps), l’orientation homosexuelle n’a jamais empêché qui que ce soit de « construire quelque avec quelqu’un ». Tout individu a la possibilité, non seulement d’envisager, mais de réaliser une vie de couple avec un partenaire du même sexe.

- 8) A Pauline : vous avez raison, le débat n’est pas entre « homos » et « hétéros », mais entre ceux qui pensent que tout désir formulé doit être reconnu comme droit juridique, et ceux qui pensent que le droit existe, non pas pour assouvir des envies, mais pour favoriser l’intérêt général en protégeant les plus faibles et en organisant harmonieusement la vie sociale.

23:33 Publié dans Mes réflexions, Vidéos | Commentaires (2) |

Commentaires

Merci, c'est grâce à des personnes comme vous que je suis en train de me faire débatiser. Faire partie de la religion catholique m'est devenu insupportable tant votre vision erronée de la vie, de Dieu, est limitée, faussée, nauséabonde. Ça en fera toujours une en moins sur la liste, et croyez moi, je prêche pour ma paroisse, beaucoup de personnes autour de moi sont en train d'en faire autant. Votre religion, tel que vous la concevez est en train de mourir, pour ne jamais renaitre. Adios!

Écrit par : carine | 25 mai 2013

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La dépénalisation de l'homosexualité en France date de 1791, pas de 1983...

Cette contre-vérité est souvent répétée, volontairement ou non.
Il y a je crois à l'origine confusion avec la loi Forni qui égalisa l'âge du consentement légal pour les relations homosexuelles et hétérosexuelles (l'âge pour les relations homosexuelles a été abaissé de 18 ans à 15 ans).

Écrit par : Olivier | 15 juin 2013

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