11 février 2012
Aspect d'un système, 2
Le mercredi 8 février 2012, François Hollande est venu saluer chaleureusement Nicolas Sarkozy, en présence de Simone Veil, lors du dîner actuel du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France), dont le soutien à l'Etat d'Israël semble inconditionnel (cf Jacques Tarnero). A propos de l'antisémitisme, le président de la république a déclaré : "Chaque fois qu'un juif est injurié, ce n'est pas une affaire communautaire mais une affaire nationale". Quand on injurie un Français qui n'est pas juif, un chrétien, un musulman, un agnostique, par exemple, c'est pas pareil ? C'est en tous cas une image révélatrice : lors d'un dîner communautariste, la droite libérale-sécuritaire et la gauche libérale-libertaire s'embrassent au dessus du centre de gravité de l'ordre démocratique moderne qu'est la légalisation de l'avortement. Les frères jumeaux du bipartisme s'abouchent au-dessus des cendres du sacrifice des innocents. Simone Veil, rescapée de la Shoah en 1943, est devenue en 1974 un des instruments paradoxaux (et inconscients) de ce qui se manifeste de plus en plus comme la Shoah contemporaine. Aussi silencieuse et sanglante que la première. L'Histoire jugera.
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